Déclaration de Mohamed Chérif, responsable des relations internationales du MSP

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Déclaration de Mohamed Chérif, responsable des relations internationales du MSP :

« Le Polisario paie le prix d’un modèle fermé et sans pluralisme.

Le Mouvement pour la Paix au Sahara (MSP) considère inacceptable le cadre conceptuel du “partage de la facture de la paix” avancé par les dirigeants du Front Polisario à la veille des discussions de Madrid.

La seule prémisse réaliste pour une solution durable consiste à accepter la souveraineté marocaine et la mise en œuvre d’une formule d’autonomie la plus large et la plus détaillée possible, authentique et assortie de garanties, conformément à la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies.

À partir de ce principe, il n’existe aucune “facture” à négocier ni à répartir : ce qu’il convient de définir, ce sont les compétences, les institutions et un plan de développement exceptionnel pour le territoire.

Les déclarations du Polisario reflètent une position de faiblesse, aggravée par sa décision de rompre unilatéralement, en 2020, le cessez-le-feu établi par l’ONU en 1991. Mais cette crise ne résulte pas seulement d’une erreur de calcul militaire ou diplomatique : elle est aussi la conséquence d’un modèle politique fermé, sans pluralisme effectif, maintenu pendant des décennies sous la prétention d’être le “représentant unique et légitime”. En l’absence de mécanismes réels de délibération et de participation des différentes sensibilités et courants politiques, les décisions stratégiques difficiles et inévitables se concentrent entre les mains d’un seul acteur, et avec elles la responsabilité historique. Assumer la voie tracée par la dernière résolution du Conseil de sécurité revient à avancer seul vers une formule très éloignée du projet d’État indépendant promis et, comme le rappelait Napoléon, “la défaite n’a qu’un seul père”.

Face à cette réalité, le MSP, engagé depuis sa fondation dans la voie politique, incarne la voix sahraouie constructive capable de parvenir, sans complexes, à un accord pleinement satisfaisant.

Notre participation est essentielle pour concevoir l’accord d’autonomie et la période transitoire, laquelle doit inclure un plan directeur de reconstruction, la réintégration des réfugiés, le désarmement et la création de forces de sécurité professionnelles relevant de l’autogouvernement.

Comme nous l’avons demandé à l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Stefan de Mistura, nous exigeons notre place à la table des négociations convoquées par l’ONU et l’administration américaine. La paix et la prospérité du Sahara exigent d’inclure ceux qui misent sans équivoque sur le dialogue, la coexistence et une solution sans vainqueurs ni vaincus.

La paix ne se facture pas et ne se marchande pas : elle se construit. »

Comité du MSP pour les médias

Madrid, le 8 février 2026.


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